Le Front pour la Défense de la démocratie et de la République (FDR) hausse le ton. Dans un communiqué rendu public ce 24 mars 2026 à Dakar, la plateforme politique dénonce ce qu’elle qualifie de «tractations financières obscures» du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Selon le FDR, des informations relayées par le Financial Times auraient révélé la conclusion, dans la plus grande discrétion, d’emprunts estimés à près d’un milliard de dollars. Une situation que le front juge «inadmissible», estimant qu’un État «ne peut cacher de telles transactions à ses citoyens et à ses partenaires internationaux».
Au cœur de la polémique : le recours à des instruments financiers complexes, notamment les « Total Return Swaps » (TRS). Le FDR considère ces mécanismes comme particulièrement risqués, affirmant qu’ils pourraient, en cas de défaut de paiement, accorder une priorité de remboursement à des banques privées étrangères au détriment des dépenses publiques essentielles.
La plateforme évoque également les risques accrus liés à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par des agences comme Moody’s et Standard & Poor’s.
Pour appuyer son argumentaire, le FDR rappelle les mises en garde de l’investisseur américain Warren Buffett, qui qualifiait dès 2003 certains produits dérivés d’« armes financières de destruction massive ».
Réagissant à la communication du ministère des Finances, le FDR estime que les explications fournies par les autorités «ne répondent pas aux préoccupations soulevées». Le mouvement conteste notamment l’argument d’une autorisation d’endettement antérieure et met en doute la transparence des informations transmises à des institutions comme le Fonds monétaire international.
Face à ce qu’il considère comme une situation «catastrophique», le FDR exige la publication intégrale des contrats de «swaps» conclus avec des institutions telles que Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Il demande également des précisions sur les actifs engagés, les coûts financiers et les éventuelles commissions versées.
Dans la foulée, la plateforme appelle l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces opérations financières.
Le FDR invite «toutes les forces vives de la nation» à se mobiliser pour exiger davantage de transparence dans la gestion des finances publiques. Le mouvement estime que le gouvernement doit «respecter ses obligations constitutionnelles de bonne gouvernance» face aux inquiétudes croissantes.
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