La publication du rapport sur la gestion 2025 du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) marque un tournant majeur dans la gouvernance du secteur des médias au Sénégal. Pour la première fois, les autorités rendent public l’ensemble du processus d’attribution de cette aide stratégique, incluant les critères d’éligibilité, les montants alloués ainsi que la liste des bénéficiaires.
Présentée comme une avancée significative, cette démarche s’inscrit dans une volonté affirmée de transparence et de redevabilité. Elle répond à une exigence de bonne gouvernance : informer le contribuable sénégalais de l’utilisation des ressources publiques et inscrire durablement l’action publique dans le principe du « Jub Jubal Jubbanti ».
Selon les responsables, ce travail a été mené par un Conseil de gestion multipartite, avec pour ligne directrice l’application stricte des dispositions légales en vigueur. Une approche qui tranche avec les pratiques antérieures souvent décriées, et qui met désormais l’accent sur l’équité, la rigueur et la responsabilité dans l’attribution de l’aide à la presse.
Au-delà de l’exercice de transparence, cette réforme traduit une ambition plus large : assainir et structurer le secteur des médias. Elle vise notamment à renforcer la professionnalisation des acteurs et à poser les bases d’un modèle économique plus viable pour les entreprises de presse.
Dans ce nouveau paradigme, l’aide publique n’est plus perçue comme un acquis automatique, mais comme un levier stratégique au service de la démocratie. Elle doit ainsi encourager la conformité aux normes, soutenir les médias responsables et accompagner leur transformation face aux défis économiques et technologiques.
Cette dynamique de réforme s’inscrit dans un ensemble d’initiatives en cours, notamment le travail engagé sur les redevances, la création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), la révision du cadre publicitaire, ainsi que la mise en œuvre du Plan Médias 2028. Autant de chantiers qui visent à faire du FADP un instrument d’innovation, d’autonomisation et de durabilité économique.
Avec cette nouvelle étape, les autorités entendent impulser l’avènement d’une presse plus transparente, mieux structurée et en phase avec les exigences d’une démocratie moderne.
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