Sonko libère ses hommes
Il a suffi d’une petite complainte pour que le gotha pastéfien se lève et se constitue en boucliers autour de son leader. Ousmane Sonko est plus que jamais, seul et unique détenteur du “pouvoir réel” au sein de PASTEF.
Une personne avertie en vaut deux! Ousmane Sonko demeure le leader incontesté au sein de PASTEF. L’actuel Premier ministre du Sénégal est un véritable phénomène. Son influence sur ses hommes est inexplicable. Tel est un guide et ses disciples, ses partisans ne vivent que pour lui.
L’épisode avec le président de la République est vraiment révélateur de l’attachement que les Patriotes ont pour Sonko. Ils ont montré qu’ils n”hésiteraient nullement à lâcher le Président Bassirou Diomaye Faye si le Premier ministre se levait pour le décréter.
La plupart d’entre les militants et sympathisants de PASTEF ont critiqué le chef de l’Etat en soutien au Premier ministre frustré par l’isolement du Président Diomaye par des gens du système et le silence de ce dernier face aux nombreuses attaques que le leader des Patriotes essuie.
Au-delà du bouclier créé autour de lui, les déclarations de Sonko ont réveillé ses “fedayins” qui depuis la prise du pouvoir sont restés quasiment silencieux pour mettre à l’aise le duo à la tête du pays.
Cette déclaration de Sonko a aussi libéré la parole des Patriotes qui commençaient à perdre leur adn: dénoncer vigoureusement les tares de la gouvernance. Mais cette sortie de leur leader a déclenché une salve de critiques à l’endroit du président de la République. Ils s’en prennent sans gêne notamment à certains certains ministres et autres DG qu’ils jugent défaillants.
Même les hauts responsables du parti s’en mêlent. Il en est ainsi du député Cheikh Thioro Mbacké qui est sorti le weekend dernier pour critiquer vivement les dysfonctionnements de la justice sénégalaise, notamment dans le traitement des dossiers liés aux 80 morts ainsi que ceux de François Mancabou, Fulbert Sambou et Didier Badji.
Invité sur les ondes de la RSI, le député a exprimé son mécontentement face à la lenteur des procédures, déclarant qu’ “aucun Sénégalais n’est satisfait de la façon dont marche la justice”.
Un militant engagé et très proche de Sonko en l’occurrence le maire de Keur Massar Sud, Mohamed Bilal Diatta s’est contenté de mettre en garde le chef de l’Etat sur la nécessité d’être plus diligent sur certains dossiers; de s’ouvrir davantage aux pastéfiens et d’avoir plus de sens de l’écoute. Il a fallu que Ousmane Sonko intervienne pour que ce dernier ne s’attaque pas publiquement au président de la République.
Si jusque-là, à PASTEF, des personnalités comme Guy Marius Sagna et Waly Diouf Bodian, ont toujours gardé leur liberté de ton en s’épanchant sur tous les sujets sans épargner personne; aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à tirer sur tout ce qui bouge et à exprimer ouvertement leur désaccord notamment envers le chef de l’Etat et certains alliés.
PASTEF revit…
A vrai dire, PASTEF se réajuste et occupe à nouveau l’espace politique. Il renoue ainsi avec ce qui faisait sa force, la bataille de terrain.
PASTEF, qui avait commencé à perdre la maîtrise du débat public, veut revenir de façon coriace au devant de la scène.
Et si on se fie aux propos tenus dernièrement par le ministre Birame Souleye Diop, il risque d’y avoir à chaque fois une riposte à hauteur des attaques de l’opposition. Non sans rappeler que c’est la confrontation qui les a amenés au pouvoir.
Hormis ces déclarations incendiaires de Birame Souleye Diop, il faut noter cependant que PASTEF s’organise au niveau de ses bases où se sont multipliées les activités d’animation du parti. Ce, dans tous les départements du Sénégal. Si ce ne sont pas des mobilisations dans plusieurs circonscriptions du territoire dans le cadre de l’organisation des vacances agricoles patriotiques; ce sont les cellules universitaires ou les cadres au Sénégal et dans la diaspora qui multiplient également des activités de réflexion et de proposition pour une bonne mise en œuvre de la vision Sénégal 2050.
Pour preuve, la cellule universitaire des jeunes patriotes de l’université Amadou Mahtar Mbow a tenu la semaine dernière une journée socio-environnementale animée par le DG du SOGIP Dame Mbodj, le député Samba Dang, entre autres cadres de Pastef.
Un webinaire a été tenu la même semaine par la JPS Canada sous le thème: « De la mobilisation à la gouvernance: trajectoire et responsabilisation de la jeunesse. » Cette rencontre virtuelle a été animée par Ngagne Demba Touré et Mamadou Yauck, conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale, le secrétaire d’Etat des Sénégalais de l’extérieur, Amadou Cherif Diouf et des membres de JPS canada.
Sans compter, l’Université d’été de PASTEF UGB. Trois jours de réflexion intense, entre le 17 et le 19 juillet dernier, pour forger ensemble un avenir souverain, juste et prospère.
Pendant ce temps, le Mouvement national des enseignants patriotes du département de Kaolack s’est montré très radical avec une posture va-t-en guerre.
Dans un communiqué, ces enseignants patriotes affirment que Sonko demeure la boussole idéologique et stratégique du projet PASTEF et qu’il joue le rôle de gardien de la vision du parti.
Ils ont par la suite lancé un appel à tous les militants et sympathisants de Pastef de faire bloc derrière Ousmane Sonko face aux attaques de ceux qu’ils qualifient de mercenaires au service et à la solde d’une opposition en perte de vitesse.







